Debian 12 → 13 : j’ai migré mon serveur et j’ai (presque) survécu
Il y a des week-ends tranquilles, et il y a des week-ends où on se dit « tiens, et si je passais mon serveur en Debian 13 (Trixie) ? ». Spoiler : ça s’est bien passé, mais pas sans quelques sueurs froides. Voici le récap complet, pour ceux qui hésitent encore à sauter le pas.
Étape 0 : savoir d’où on part
cat /etc/debian_version
La commande la plus simple du monde, mais aussi la plus importante : avant de migrer, on vérifie que l’on part bien de Bookworm (Debian 12). Ça paraît bête, mais combien de migrations ratées commencent par « ah, je pensais être en 11 » ?
Étape 1 : faire le ménage avant de partir
apt-get update && apt-get dist-upgrade --autoremove -y
Toujours mettre son système à jour dans sa version actuelle avant de changer de version majeure. C’est un peu comme ranger sa chambre avant un déménagement : ça évite de traîner de vieux problèmes vers le nouvel appartement.
Étape 2 : repérer les intrus
apt list '?narrow(?installed, ?not(?origin(Debian)))'
Cette commande liste tous les paquets installés qui ne viennent pas des dépôts officiels Debian — typiquement des paquets tiers (Docker, un dépôt Nginx externe, etc.). C’est le moment de repérer les électrons libres qui pourraient mal réagir à la mise à jour. Mieux vaut les connaître avant qu’après, quand plus rien ne démarre.
Étape 3 : sauvegarder ses sources (toujours, toujours, toujours)
cp /etc/apt/sources.list /etc/apt/sources.list.bkp
cp -r /etc/apt/sources.list.d /etc/apt/sources.list.d.bkp
La règle d’or du sysadmin qui a déjà pleuré une fois : on ne touche jamais un fichier de config sans en garder une copie. Deux secondes à taper, des heures de galère évitées si ça tourne mal.
Étape 4 : le grand saut
sed -i 's/bookworm/trixie/g' /etc/apt/sources.list /etc/apt/sources.list.d/*
apt-get update && apt-get dist-upgrade --autoremove -y
Le cœur de la migration : on remplace toutes les occurrences de « bookworm » par « trixie » dans les fichiers de sources, puis on relance la mise à jour. C’est là que APT télécharge et installe des centaines de paquets pendant que vous faites autre chose en essayant de ne pas trop stresser.
Étape 5 : vérifier que les services critiques tiennent le choc
systemctl status postfix.service
Avant de rebooter, un petit contrôle des services sensibles. Postfix, comme beaucoup de services mail ou réseau, peut être capricieux après une grosse mise à jour. Mieux vaut le savoir avant le redémarrage qu’après, seul devant un serveur qui ne répond plus.
Étape 6 : le moment de vérité
reboot
Et on croise les doigts. C’est le moment où on se demande si on va récupérer un serveur flambant neuf ou passer sa soirée en mode console de secours.
Étape 7 : confirmer l’atterrissage
cat /etc/debian_version
On revérifie la version pour confirmer qu’on est bien passé sur Trixie. Petite satisfaction garantie si tout s’est bien passé.
Étape 8 : faire le ménage après le déménagement
apt autoremove --purge
apt autoclean
apt modernize-sources
On purge les paquets orphelins, on nettoie le cache des paquets téléchargés, et on laisse APT moderniser le format des fichiers de sources (Debian passe progressivement au format .sources au lieu du bon vieux sources.list). Un serveur propre est un serveur heureux.
Ce qu’on oublie souvent de vérifier après coup
- Les fichiers
.dpkg-distou.dpkg-oldlaissés dans/etcpar les paquets dont la config a changé — ils ne se fusionnent pas tout seuls. - Les services qui n’auraient pas redémarré proprement (
systemctl --failedest votre ami). - Les paquets tiers repérés à l’étape 2 : ont-ils bien survécu au changement de version ?
Bilan : une migration Debian 12 → 13 qui suit ces étapes reste globalement sans surprise, à condition de ne pas zapper les vérifications avant/après. Le plus dur, au final, c’est surtout de résister à l’envie de rebooter sans avoir tout sauvegardé avant.
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