Netdata sur AlmaLinux 10 : surveiller son serveur sans y laisser sa soirée
Un serveur sans supervision, c’est un peu comme une voiture sans tableau de bord : tout va bien jusqu’au moment où une fumée suspecte s’échappe du capot. Netdata est le tableau de bord qui manquait à votre AlmaLinux 10 : installation en une commande, métriques à la seconde, zéro configuration pour démarrer. Voyons ça en une dizaine de minutes chrono.
Prérequis
- Un serveur AlmaLinux 10 à jour (
sudo dnf upgrade -y) - Un accès
sudo - Un accès sortant vers Internet (le script télécharge les paquets du dépôt Netdata)
1. Installer Netdata
Le script officiel « kickstart » détecte la distribution et installe les paquets natifs adaptés, dépôt compris. Pour AlmaLinux (famille el), il s’occupe aussi des dépendances EPEL.
wget -O /tmp/netdata-kickstart.sh https://get.netdata.cloud/kickstart.sh
sh /tmp/netdata-kickstart.sh --dont-wait
L’option --dont-wait évite les confirmations interactives. Si le curl | sh vous donne des sueurs froides (et c’est sain), lisez le script avant de l’exécuter : il fait 20 secondes de lecture, pas 20 ans.
Variante « je ne veux que du natif » : ajoutez --native-only pour interdire tout repli vers une compilation maison. Ajoutez aussi --disable-telemetry si vous préférez que vos statistiques d’usage restent chez vous.
2. Vérifier que le service tourne
sudo systemctl enable --now netdata
systemctl status netdata
netdata -v
Un joli active (running) en vert, et c’est déjà fini côté installation. Oui, vraiment.
3. Ouvrir le port (avec modération)
Netdata écoute par défaut sur le port 19999. AlmaLinux 10 embarque firewalld :
sudo firewall-cmd --permanent --add-port=19999/tcp
sudo firewall-cmd --reload
Puis direction http://IP_DU_SERVEUR:19999 : CPU, RAM, disques, réseau, services systemd… tout est déjà là, sans une ligne de configuration.
4. Ne pas exposer le tableau de bord à tout Internet
Netdata montre énormément de choses sur votre machine : à ne pas laisser en accès libre. Deux options saines :
- Restreindre l’accès à une IP ou à un réseau via
firewalld(règle riche) plutôt que d’ouvrir le port à tous ; - Le placer derrière un reverse proxy avec authentification (Nginx + HTTPS), en forçant Netdata à n’écouter qu’en local.
Pour la seconde option, éditez la configuration :
sudo /etc/netdata/edit-config netdata.conf
Dans la section [web] :
[web]
bind to = 127.0.0.1
sudo systemctl restart netdata
# Si vous passez par Nginx, SELinux doit l'autoriser à joindre un service local :
sudo setsebool -P httpd_can_network_connect 1
Fermez ensuite le port 19999 dans firewalld (--remove-port=19999/tcp) : seul le reverse proxy doit être joignable.
5. Régler les alertes
Les seuils d’alerte vivent dans /etc/netdata/health.d/. Pour ajuster l’un d’eux sans toucher aux fichiers d’origine :
sudo /etc/netdata/edit-config health.d/cpu.conf
sudo systemctl restart netdata
Netdata sait notifier par e-mail, Discord, Telegram, Slack… via health_alarm_notify.conf. Conseil d’ami : réglez des seuils réalistes, sinon vous apprendrez vite à ignorer vos propres alertes, et c’est le meilleur moyen de rater la vraie.
Mise à jour et désinstallation
Installé via les paquets natifs, Netdata se met à jour avec le reste du système :
sudo dnf upgrade -y
Pour s’en séparer : sudo dnf remove netdata. Sans rancune.
En résumé
- Lancer le script kickstart ;
- Activer le service ;
- Ouvrir le port 19999 (ou mieux : le restreindre) ;
- Protéger l’accès derrière un reverse proxy ;
- Affiner les alertes.
Cinq étapes, une dizaine de minutes, et votre serveur n’a plus de secrets pour vous. Reste à savoir si vous êtes prêt à découvrir ce qu’il fait réellement à 3 h du matin.
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